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Les dossiers Sadique-master : dissection du cinéma underground extrême

 
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Sangore
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MessagePosté le: Dim 30 Juil - 19:05 (2017)    Sujet du message: Les dossiers Sadique-master : dissection du cinéma underground extrême Répondre en citant

Les dossiers Sadique-master : dissection du cinéma underground extrême



Auteur : Tinam Bordage
Éditeur : Camion Noir
Année : 2017
Page : 540


Résumé :
Nous savons déjà que les comédies sont conçues pour faire rire, que l'action se doit de divertir, que l'horreur procure frissons et angoisses, que le porno excite, que le drame provoque des larmes. Mais que sait-on d’œuvres comme Subconcious Cruelty, Begotten ou Melancholie der Engel ? Absolument rien. C'est l'étrangeté totale, l'expérience de l'inconnu. C'est cette ascension vers un ailleurs mental qui rompt avec toutes les conventions cinématographiques et artistiques, en les transgressant.

Plusieurs questions s'imposent : qu'est-ce qui a pu contribuer à la création et à l'évolution d'un tel cinéma ? Et pourquoi aimons-nous cet art si singulier, sensé nous inspirer de la répulsion ? Pourquoi exerce-t-il chez nous une telle attraction ?

Les réponses se trouvent dans ce livre. Rétrospectives et dissections sont les méthodes appliquées pour explorer tous les horizons possibles et imaginables d'un certain cinéma extrême, allant du gore allemand aux films undergrounds new-yorkais des années 80, au Bis d'exploitation crasseux et immoral, aux OFNI expérimentaux les plus déments, jusqu'à l'intégration de la pornographie dans le cinéma déviant. Nous analyserons les éléments majeurs de cet art si fascinant, les cinéastes bafoués, censurés, relégués dans leur microcosme, ceux qui ont osé. Nous aborderons le mythe du snuff movie, explorerons les œuvres trop ambigües pour être évoquées ailleurs, les inabordables, les inaccessibles, celles dont personne ne veut parler et qui, à ce jour, demeurent encore inconnues pour d'obscures raisons.


Avis :
On se souvient encore de l’arrivée sur ULTRAGORE (l’ancienne version) du p’tit Titi, qui avait alors 16 ans et trois poils au menton. Depuis, le gaillard a parcouru un sacré bout de chemin : il gère son propre site, il a créé le Sadique-master festival (rien que ça !), a initié le recueil Métaphysique d’autolyse et a publié dernièrement ces Dossiers Sadique-master. Il faut lui reconnaître un bel esprit d’initiative et la volonté de concrétiser d’ambitieux projets.

Les dossiers Sadique-master, c’est un beau pavé de 540 pages sur le cinéma underground extrême. Déjà, chapeau pour avoir écrit et sorti un livre si conséquent ! Et sur ce sujet-là en particulier ! Impossible de ne pas l’évoquer ici, puisque ce sujet se situe aussi au cœur de notre forum ! En plus, qu’un membre actif et débordant d’enthousiasme de l’âge d’or d’ULTRAGORE (souvenez-vous du topic culte sur The Bunny Game, ce « film de ouf !!! ultra hard !!! »… Bien sûr, il y revient dans le présent livre…) en soit l’auteur, cela fait d’autant plus plaisir !

Le livre se structure comme suit : après une préface écrite par le Canadien Simon Laperrière et une intro, il en vient à une première partie, intitulée « Genèse d’une culture décalée », où il parle non seulement de l’émergence et de la manière dont s’est constitué le cinéma underground extrême, mais aussi du gore allemand (Schnaas, Ittenbach, Rose, Fipper) en bifurquant vers les splatters d’autres nationalités (Brian Paulin, les Sushi Typhoon, les Necrostorm).

Puis il passe à une deuxième partie, titrée « Du Torture Porn à l’underground extrême », où il évoque le Torture Porn mainstream, mais aussi le Rape and Revenge, avant d’embrayer sur des films plus « hard » comme Grotesque, A Serbian Film, les Human Centipede, Snuff 102, Murder Set Pieces, Frayed, Pig et le fameux Bunny Game… Toujours dans cette même grande partie, il consacre un chapitre au drame-choc, où il traite de films tels que Bad Boy Bubby, The Girl Next Door, Found, Hate Crime, Stoic, The Great Ecstasy, Les Crimes de Snowtown, Tore Tanzt, Mysterious Skin, Le Livre de Jérémie, Chained et Family Portraits – Une trilogie américaine. Dans le chapitre « Inspirations et philosophies communes entre réalisateurs », il évoque, passant « du néoréalisme au surréalisme », Werner Herzog, le Dogme 95, Harmony Korine, Nikos Nikolaïdis (Singapore Sling), Calvin Reeder (The Oregonian) et le concept d’inquiétante étrangeté, Wound, Le sang d’un poète de Cocteau, L’ange de Bokanowski, Jan Svankmajer, avant d’en arriver à ce qu’il nomme « OFNI et cinéma expérimental déviant inclassable » : les néo-gialli de Cattet/Forzani, Begotten, Mutilation Man, Ice From the Sun, les prod’ Maggot Films (I Never Left The White Room), Andrey Iskanov (Philosophy Of A Knife, Nails, Visions Of Suffering, Ingression…), Lucifer Valentine (Slaughtered Vomit Dolls, ReGOREgitated Sacrifice, Slow Torture Puke Chamber, Black Mass Of Nazi Sex Wizard), A Hole In My Heart, Vampire Of Keazon City, What is it ?, First Transmission, True Gore… L’ultime chapitre de cette seconde partie traite de « la mort poétique au cinéma ». Il s’y focalise sur Jorg Buttgereit (Nekromantik 1 & 2, Der Todesking, Schramm), Marian Dora (Cannibal, Melancholie der Engel, Debris Documentar, Reise nacht Agatis, Carcinoma, sans oublier ses courts-métrages) et Karim Hussain (Subconcious Cruelty,…).

Ensuite vient la troisième partie : « Cinéma déviant et pornographie ». Dans un premier temps, Tinam retrace les grands jalons du cinéma érotique softcore et hardcore : Russ Meyer, les roughies, Deep Throat, The Devil In Miss Jones, Behind The Green Door, Forced Entry, Water Power, The Defiance Of Good, Timing Of Rebecca, Unwilling Lovers, The Farmer’s Daughters, Cor de chasse, Spermula, Maladolescenza, Nightdreams, le cinéma de la transgression et le mouvement no wave (Nick Zedd, Richard Kern,…), Maria Beatty, sans oublier les productions japonaises, avec Wakamatsu, Tetsuji Takeshi, Teruo Ishii, Noburu Tanaka, Masaru Konuma, les films tirés du fait divers concernant Junko Furuta,… Dans un deuxième temps, il consacre un chapitre à la Nazisploitation et aux films sur les expériences : Love Camp 7, Portier de nuit, Ilsa, la louve des SS, Salo ou les 120 journées de Sodome, Salon Kitty, Holocauste nazi, Bourreau SS, les Mattei, les Men Behind The Sun, Confort Woman, Philosophy Of A Knife… Et dans un troisième temps, il se penche sur la « pornographie underground pure » en se focalisant d’abord surtout sur les productions Insex, Suka Off et VLF Laboratories, puis en parlant de Bill Zebub, Daikishi Amano, Tohiro, des Eccentric Psycho Cinema et des GSKD.

Enfin, la quatrième et dernière grande partie du livre aborde « le snuff au cinéma ». Tout d’abord, après une mise en perspective, notre jeune auteur passe en revue les films « traditionnels » qui ont pour thème les snuffs movies : Le voyeur, Slaughter, Hardcore, The Last House On Dead End Street, Videodrome, Night Call, Slashers, Salo, Benny’s Video, Témoin muet, Tesis, 8 millimètres, Abnormal Beauty, Intraçable et Strange Days. Ensuite, il en vient aux film du style « fake snuff », c’est-à-dire Guinea Pig : Devil’s Experiment, Guinea Pig : Flower Of Flesh And Bones, Ostermontag, Pig, Niku Daruma, Suicide Dolls, Muzan-e, la trilogie August Underground, Suken Danish, Holly, The Last Girl, The Great American Snuff Film, S&Man, The Poughkeepsie Tapes, Amateur Porn Star Killer et d’autres film de Shane Ryan, Megan Is Missing, The Life And Death Of A Porno Gang, Snuff Film, Making OFF, mais aussi le genre du death fetish, avec les sites spécialisés tels que Necrobabes etc. Puis il enchaîne avec ce qu’il appelle « le post snuff », catégorie dans laquelle il met les Mondo movies et death movies. Place aux Mondo Cane, Africa Addio, Addio Zio Tom, Africa Segreta, Shocking Asia, Faces Of Death, Faces Of Gore, Traces Of Death, Des morts, Der Weg Nach Eden, Orozco The Embalmer, Death Files, etc. Le livre se clôt finalement sur un « épilogue sur le réel » où Tinam rappelle l’affaire Rémy Couture, puis évoque les liaisons entre le snuff movie et les réseaux pédophiles, avec un détour vers les sites internet proposant des vidéos de vraies morts, comme Rotten et Bestgore, et d’autres trucs louches qu’on peut trouver dans les recoins obscurs du web.

Bref, notre trublion parle de tout ce qui le passionne, et ne le fait pas à moitié : près de 540 pages – donc des heures et des heures – de plongée dans le déviant, l’extrême, l’underground…. Si cet univers vous intéresse, voire vous passionne, vous avez de quoi être servi ! Pour ce faire, le jeune Bordage se plaît à convoquer des penseurs et artistes tels que George Bataille, Antonin Artaud, etc., notamment via des citations en tête de chapitres, mais pas seulement. Par ailleurs, à quelques endroits précis, il incorpore à son texte des entretiens (notamment un avec Marian Dora et un avec Karim Hussain), sans non plus abuser du procédé.

Ceci dit, le livre n’est pas exempt de tout défaut. Ainsi, on peut y repérer de trop nombreuses coquilles. Mais pour être juste, il faut néanmoins souligner la très nette amélioration de Tinam dans son expression écrite en l’espace de quelques années. À part ça, deux éléments manquent. Le premier : des conclusions. Pour bien faire, quelques-unes intermédiaires pour ponctuer chaque fin de grande partie, puis surtout une conclusion finale, qui était logiquement appelée par l’intro générale pour faire symétrique (qui dit introduction dit conclusion). Pour le coup, le livre se termine un peu brusquement. Le second élément, c’est un index des films abordés. Ça peut toujours être pratique pour les lecteurs (retrouver plus rapidement ce qui a été dit sur un film en particulier, avoir en un coup d’œil des idées de titres à se procurer et visionner,…), ce qui a été négligé ici.

Pour terminer, voilà un essai fort complet qui a le grand mérite de traiter longuement d’un pan du cinéma trop souvent ignoré. Un livre qui ornera utilement la bibliothèque des ultragoreux !


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MessagePosté le: Dim 30 Juil - 19:05 (2017)    Sujet du message: Publicité

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